vendredi 26 août 2016

#Critique : Britney Spears perd son essence sur « Glory »

Trois ans après l’échec critique et commercial de « Britney Jean » son huitième album, Britney Spears est de retour dans les bacs, avec un nouvel opus intitulé « Glory ». Si la star n’a jamais réellement quitté la scène médiatique grâce au succès de « Piece Of Me » son show à Las Vegas, sa relation avec les charts n’est plus ce qu’elle était autrefois. Pour preuve, l’an dernier « Pretty Girls » son duo événement avec la rappeuse Iggy Azaelea n’a convaincu personne. Malgré une carrière et une réputation qui n’est plus à prouver, l’interprète de « Womanizer » a donc fort à faire pour reconquérir son public. « Glory » porte t’il bien son nom ?  Élément de réponse avec la critique de ce 9e opus.



Comme mentionné dans l’introduction « Glory » fait suite au brouillon « Britney Jean » qui hormis les singles « Work Bitch » - qui a pris des allures d'hymne avec le temps - et dans une moindre mesure le doux « Perfume » écrit par Sia, ne renfermait aucune piste forte, capable de séduire et fédérer les fans de l’artiste. Bâclé et fade, l’album signait avec moins de 500.000 ventes mondiales, le premier véritable échec commercial de la chanteuse. Qu’à cela ne tienne, l’ex-fiancée de l’Amérique avait décidé d’aller de l’avant, en misant tout sur son show à Vegas mais en gardant dans un coin de sa tête, l’idée d’un retour en studio. Ainsi, dès le début de l’année 2015, l’artiste confiait plancher sur un nouveau projet, qu’elle prendrait le temps de mûrir afin de ne pas décevoir ceux qui la soutiennent. Près d’un an plus tard, elle annonçait que l’album était presque terminé et qu’elle avait hâte de le faire découvrir. Sur les réseaux sociaux, des ex-collaborateurs de Selena Gomez ou encore Gwen Stefani confiaient leur joie de travailler avec l’artiste, promettant par la même occasion, un nouveau son et une nouvelle approche de la musique. Réfléchi et qui plus est, enregistré en compagnie d’une nouvelle équipe, ce nouvel album laissait donc présager le meilleur.

Pourtant, à l’écoute des douze pistes qui composent la version, originale de « Glory » l’essence Britney Spears ne semble pas revenue, pire elle semble même avoir disparue pour laisser place à un amas d’influences faciles et mal employées. Sur ce nouvel opus, Britney expérimente, fait des tests, tente de s’ouvrir à de nouveaux genres, mais échoue la majeure partie du temps. Avec en piste d'entrée le titre « Invitation » le ton est donné, entre RnB paresseux et voix languissante à la Ciara, l’artiste loupe le coche dès les premières notes et malheureusement la suite n’est pas plus réjouissante. Si le lead single « Make Me… » se veut bien produit et délicat, le titre manque de punch pour être la tête d’affiche d’un 9e album. Pour le reste de l’opus, on perçoit l’envie de la chanteuse d’évoluer et de proposer de nouvelles sonorités, cependant d’une piste à l’autre on ressent très fortement l’atmosphère de ceux qui l’ont inspiré. De fait, l’ombre de Selena Gomez et de son « Revival » plane sur « Just Luv Me» et « Just Like Me » tandis que l’insipide et modeste « Man On The Moon » résonne comme l’énième piste d’une jeune artiste POP qui sera avalée et recrachée aussi vite que la lumière par l’industrie musicale. Un peu plus loin, l’artiste semble être partie sur une bonne idée celle de proposer une voix plus brute, moins trafiquée avec « Clumsy » ou encore « Do You Wanna Come Over », mais les productions cafouilleuses viennent empoisonner le tout. Pour en terminer avec les déceptions, on qualifiera « Hard to Forget Ya » d’indigeste, tandis que le refrain de « Slumber Party » mérite de loin le trophée de meilleure imitation des productions pop scandinaves « made in 90’s ». Dommage … 

Malgré une déception certaine, Britney réussit néanmoins à se sauver du naufrage complet grâce à l’excellent « Private Show » qui nous évoque non sans nostalgie l’ère « Circus » tandis que l'intro de « Love Me Down »  qui aurait pu figurer sur le dernier Gwen Stefani et le burlesque « What You Need » viennent nous rappeler tout le potentiel d’une artiste qui avait autrefois l’art et la manière de se renouveler sans jamais trébucher. 

Sur ce nouvel album, on ressent l’implication de l’artiste. Il est évident que les efforts pour se renouveler et se relever de l’échec de « Britney Jean » sont présents, mais hélas, à trop vouloir bien faire l’artiste se perd et déçoit une nouvelle fois. La trentaine passée, Britney semble se diriger vers un son plus sage, tout en délaissant peu à peu son image provocante. Bien entendu, on ne jettera pas la pierre sur la maturité, mais on espère néanmoins que ce processus de mutation en cours, nous permettra de retrouver une Britney Spears plus en forme que jamais sur 10e album. Eh oui, on anticipe beaucoup, mais est-ce possible d’imaginer la scène POP sans Britney Spears ? 


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