mardi 27 septembre 2016

#Retour : Lady Gaga reconquerra-t’elle son public avec « Joanne » ?


Il y a quelques semaines, Lady Gaga faisait son grand retour dans les bacs avec un nouveau single intitulé « Perfect Illusion ». Frais et rock’n’roll, le morceau a très vite pris la tête des charts. Hélas, une fois l’effet de surprise estompé, la piste s’est enfoncée dans le bas des classements mondiaux. Considérée comme la nouvelle reine de la POP au début de sa carrière, Lady Gaga semble avoir délaissé son trône.  A l’occasion de la sortie de « Joanne » son 4e opus, The Melting POP s’est penchée sur le cas Gaga. Phénomène suranné ou véritable légende ?



À ses débuts en 2005, l’excentrique Stefani Germanotta régnait en maître sur les ondes radios, mais aussi à la télévision et dans les magazines. Chansons POP entêtantes, promotion millimétrée, looks improbables et déclarations sulfureuses, le nom de l’artiste se lisait sur toutes les lèvres. Aussi fédératrice qu’avant-gardiste la chanteuse avait réussi en moins de temps qu’il ne le faut pour le dire à se « créer » une fanbase solide, renforcée par un univers atypique et une personnalité aussi mystique que mystérieuse. Face à ce succès fulgurant, l’artiste est très vite devenue un produit marketing, façonné pour alimenter les médias avides de buzz et d’infos croustillantes. Embourbée dans le cercle vicieux de la célébrité qui en demande toujours davantage, l’interprète de « Bad Romance » a mué, au fil des apparitions et des frasques, de joli phénomène de mode à simple bête de foire. Ainsi, si son second album « Born This Way » regorge de bonnes idées, il souffre également de l’aura de son interprète qui noyée dans son personnage est venue noircir une œuvre moderne et novatrice qui aurait pu si elle n’avait pas été portée par le nom de Lady Gaga être considéré – à mon sens – comme digne héritière d’un « Thriller » de Mickael Jackson ou d’un « Erotica » de Madonna. Hélas à trop vouloir jouer les freaks – on ne reviendra pas sur l’épisode de la robe en viande - Lady Gaga a déçu, lassé et les ventes « confidentielles » de son 3e album « ArtPOP » n‘étaient que le résultat d’un trop-plein d’artifices venus entacher un talent qui ne peut pourtant être dénié. Consciente du revirement de situation qui entourait alors sa carrière, la « Mother Monster » est donc peu à peu repartie à la conquête d’une nouvelle image, plus digne, plus sincère, mais également plus artistique encore. Ainsi, une fois son « ArtPOP Ball » terminé, l’artiste est revenue avec « Cheek To Cheek » un album de jazz, enregistré avec la légende Tony Bennett. Aux antipodes de l’électro vrombissant d’ArtPOP, le projet a levé le voile sur une nouvelle Lady Gaga.

Plus touchante, moins artificielle, la star a au fil des apparitions redoré son image, mais aussi apporté à ceux qui en doutaient encore la preuve de son immense talent. Boycottée de toutes les cérémonies de récompenses avec son 3e album, l’artiste a pris sa revanche l’année suivante en multipliant les apparitions et les prestations prestigieuses. Grammy Awards, Oscars, rôles au cinéma et premier rôle dans la 5e saison d’American Horror Story qui lui vaudra un Golden Globes, Gaga a réussi à force de travail et de persévérance à donner un second souffle à sa jeune carrière.  Refaite, la star est donc repartie en studio, entourée d’artiste prestigieux pour reprendre en main son rôle de popstar. De RedOne qui l’a propulsée à ses débuts, en passant par Mark Rosson, Lady Gaga s’est murée dans l’ombre et le silence pour donner naissance à « Joanne » un album de 11 titres qui sortira dans les bacs le 21 octobre 2016.




Habituée à s’extasier sur ses propres projets – elle avait qualifié ArtPOP d’album de la décennie – l’artiste un brin mégalo est pour l’heure restée très sobre dans sa manière de communiquer ce nouveau projet, en se contentant d’en expliquer les contours et en sélectionnant ses apparitions. Si on analyse de plus près ce retour, on remarque également que l’égocentrisme à laisser place à une simplicité surprenante. Fini les tenues ultra-élaborés, les make-up flamboyants, du clip de « Perfect Illusion » en passant par la pochette de « Joanne », celle qui a remporté en 2016, le prix de la meilleure chanson originale pour son titre « Til It Happens To You » aux Satellite Awards, semble être entrée dans une nouvelle ère, plus simple ? Plus mature ? Seul l’avenir nous le dira. Cependant, avec ce revirement de situation, Lady Gaga joue gros. Attendue au tournant, l’artiste n’a pas le droit à l’erreur. Certes, la chanteuse n’a jamais réellement connu l’échec, mais le non-succès de « Joanne » pourrait venir entacher une carrière musicale aussi fulgurante que singulière. À l’heure ou « Perfect Illusion » déçoit – la faute à un clip trop simple où à des paroles très répétitives – la chanteuse à toutes les raisons d’anticiper la sortie de son 4e opus. S’il ne fait aucun doute qu’une grosse partie de ses « Little Monsters » se rueront sur l’album à sa sortie, l’artiste devra redoubler d’effort pour séduire les fans d’antan, mais également pour toucher un nouveau public. Annoncé comme différent et inattendu, « Joanne » devrait se diriger vers des sonorités que l’artiste n’a jamais explorées auparavant. Au revoir donc à la POP, le rock, l’électro et le jazz, selon certaines sources ce nouvel album serait teinté de folk et le rock’n’roll « Perfect Illusion » ne serait qu’un stratagème conçu pour dérouter les auditeurs. Et si ce premier single au nom évocateur n’avait pas été choisi par hasard ? Et si Lady Gaga avait une nouvelle fois décidée de nous surprendre ? Véritable funambule, celle qui est capable du meilleur comme du pire n’a probablement pas dit son dernier mot. Affaire à suivre … 

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