EBONY : hors du cadre sur l’album “Ménélik” - la review
Finaliste de la Star Academy en 2024, Ebony s’était inclinée face à Marine. Pour beaucoup, cette défaite était le résultat d’une industrie musicale trop conformée qui sied davantage à son adversaire. D’autres pensaient également que le racisme était l’une des causes de ce choix du public. Consciente de ces deux prismes qui ont sans aucun doute fait pencher la balance, Ebony a toujours tenu à respecter son ancienne camarade. Aussi, moins exposée, elle a tiré le meilleur parti de sa seconde place et c’est aujourd’hui avec un premier album à son image qu’elle confirme son talent et sa singularité.
Un premier album cathartique
Hier, on vous proposait de rapides critiques des albums de Maïa, Lolo Zouaï et Meghan Trainor qui sortent toutes un nouvel album ce 24 avril 2026. Avec “Ménélik”, Ebony coche aussi cette case dans le calendrier, mais son premier album n’a rien d’un projet que l’on peut chroniquer rapidement. Pour cause, le disque nécessite une écoute attentive pour cerner sa richesse. Dotée d’une réelle vision artistique, Ebony a mis son âme dans ce premier disque et il y a par ricochet, dans l’énergie que le projet dégage, quelque chose de très incarné. Tant vocalement que dans ses textes, Ebony semble avoir voulu donner vie à un projet cathartique. Tantôt avec rage, comme l’indique si bien le premier single de l’opus, tantôt avec moins de fioritures (“Misère”, “Oubliée”), la chanteuse se raconte et lève le masque. On perçoit alors dans ses textes ses fêlures, celles avec lesquelles elle a grandi, celles que l’amour lui a infligées mais aussi celles qui viennent avec la notoriété. Clivante, Ebony est le genre d’artiste qui dérange, mais elle a décidé avec ce premier album de faire des critiques et des jugements un point d’ancrage qui nourrit sa création. Palpable sur le vrombissant “I Don’t Care” qui est LE tube de l'album, cette caractéristique se confirme dans les choix musicaux que l’artiste a décidé d’explorer.
Loin des standards
Éclectique, “Ménélik” est un tourbillon d’inspirations mais aucune d’entre elles n’est lissée ou attendue. Inclassable, la chanteuse mélange des sonorités singulières qui vont du bouyon à la trap en passant par le rock synthétique ou encore le R&B contemporain et c’est ce parti pris qui fait de l’album une réelle prise de risque. Certes, Ebony aurait pu sortir un opus grand public, mais sa volonté n’est clairement pas là ! Avec ce disque, elle fait le pari de l’audace et c’est non sans singularité qu’elle nous guide avec elle dans sa vision de la musique. Soigné, créatif, “Ménélik” est un premier opus solide qui n’est pas un album de tous les instants, ni un projet fait pour toutes les oreilles, mais il a une âme, une vraie. À son écoute, quelque chose passe : des images se dessinent (“Tempête”, “Mon Paradis”), les sonorités nous transportent (“L’infini”) nous bousculent (“Amer”, “La Source”) et rien n’est superflu. À des années-lumière des standards musicaux que produisent trop souvent les télécrochets, Ebony s’émancipe et confirme que la Star Academy n’était pour elle qu’un moyen d’imposer sa vision de l’art. Mission réussie...




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