Jessie Ware : la diva britannique s’élève sur l’album “Superbloom” (la review)

Sur la scène POP actuelle, rares sont les artistes à avoir un son qui les définit. Le plus souvent, les projets s’enchaînent et les sonorités évoluent avec les modes, les inspirations. Ce procédé très classique dans la POP sert à surprendre et à éviter les redondances. Toutefois, certains artistes choisissent quant à eux de développer un son, un univers, une couleur musicale qui devient leur marque de fabrique. Dans ce registre, on peut citer Lana Del Rey qui incarne à elle seule une POP aérienne, cinématographique et nostalgique. Sur des notes plus synthétiques mais non moins glamours, Jessie Ware a elle aussi trouvé sa voie et elle le confirme sur son nouvel album “Superbloom" à paraître le 17 avril

Jessie Ware - Superbloom - Review

Jessie Ware : 3e chapitre néo-disco 

En 2020, une bonne partie de la scène musicale internationale s’engouffrait dans la mode du néo-disco. Avec plus ou moins de réussite, les artistes avaient dépoussiéré un genre synthétique et dansant sur lequel tout le monde a déjà lâché quelques pas de danse. Avec son quatrième album “What’s Your Pleasure?", Jessie Ware avait elle aussi tenté l’expérience et tout le monde s’était accordé pour dire que le projet était une masterclass qui élevait le genre plutôt que de simplement le singer. Portée par ce succès, l’artiste était donc naturellement revenue deux ans plus tard avec la même équipe sur “That’s! Feel Good!” un cinquième album qui reprenait bon an, mal an, les mêmes ingrédients. Une nouvelle fois, la critique avait acclamé le projet mais le succès public fut moindre malgré un très bon départ dans les charts anglais. Moins surprenant, “Thats! Feel Good!” était un bon album mais avec le recul il était peut-être moins impactant que son prédécesseur. Pour cette raison, Jessie Ware aurait pu se diriger vers d’autres sonorités avec son nouvel album, mais il n’en est rien et c’est loin d’être une mauvaise idée car son dernier projet “Superbloom” pousse son art à un autre niveau.

Jessie Ware : "Superbloom" - la review 

Plus classe, plus sensuelle, plus charnelle, plus magnétique, Jessie Ware se révèle sur l’album “Superbloom”. Toujours présente à l’écriture de ses textes, elle s’entoure à la production de ce nouveau projet d’une équipe différente de celle avec qui elle avait travaillé sur les deux précédents et ce renouveau lui fait du bien. Une nouvelle fois, c’est sur des notes de disco que la chanteuse tente de nous envoûter, mais cette fois, les strass et les paillettes ont laissé place à quelque chose de plus majestueux. À 41 ans, la Britannique maîtrise sa voix, son image, et c’est non sans un certain prestige qu’elle s’engage sur ses nouveaux morceaux. Charismatique, elle chante l’amour, le désir, la passion et il y a dans chacune de ses interprétations, une posture féminine et déterminée qui lui permet de se classer au rang des grandes divas que sont Diana Ross et Gloria Gaynor. Lorsqu’on cite ces grandes icônes de la musique, ce sont les titres “I Could Get Used To This” et “Love For You” auxquels on fait référence, mais l’album va plus loin et Jessie Ware trouve son propre style lorsqu’elle fait l’addition de deux époques comme c’est le cas sur les titres “Mr Valentine” ou encore “Don’t You Know Who I Am ?”. Résolument rétros et pourtant modernes et affirmés, ces morceaux sont les plus réussis de l’album. Malgré tout, on ne peut pas terminer cette critique sans évoquer le vaporeux et brûlant “Sauna” qui sent bon l’érotisme et la délectation. Sur ce morceau, l’artiste crée une ambiance propice à la tentation sans jamais perdre son élégance. Autre surprise, elle distille également quelques mots de français, sur le passionné “Mon Amour”… Un album à savourer sans modération !

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