Mylène Farmer : que vaut son nouvel album “Egrégore” (la review)
Icône incontestée de la POP française, Mylène Farmer revient cette semaine avec “Egrégore”, le 13ᵉ album de sa carrière. Depuis la création de The Melting POP en 2013, c’est la quatrième fois que l’artiste sort un nouveau projet et pourtant, jusqu’ici nous ne nous étions jamais intéressés en profondeur à l’un de ses albums. Aujourd’hui, on se plonge donc en tant que néophyte au cœur d’un univers qui fascine depuis plus de 40 ans des milliers de fidèles…
Mylène Farmer : un univers
Que l’on soit ou non sensible à ses propositions, Mylène Farmer est sans conteste l’une des rares artistes féminines françaises à avoir réussi à construire un réel univers qui lui a permis de séduire sur la durée un large public de fidèles. Depuis le début de son parcours dans les années 80, elle est celle qui a osé, celle qui a entretenu le mystère, celle qui a fait le pari d’une POP onirique, poétique et hautement symbolique. Rare dans les médias, elle fait de chacun de ses retours un véritable événement et son nouvel album “Egrégore”, à paraître ce vendredi 30 octobre, ne fait pas mentir cette affirmation. Porté par plusieurs singles dévoilés ces dernières semaines et, surtout, par une avant-première cinématographique sous embargo destinée à attiser la curiosité des médias et du public, l’album sort quatre ans après son prédécesseur et, une fois n’est pas coutume, Mylène Farmer ouvre un nouveau chapitre qui impose dès son titre une atmosphère énigmatique. Entre mystère et questionnements, “Egrégore” intrigue, interpelle et laisse planer une multitude d’interprétations. Toutefois, derrière cette recette bien rodée, Mylène Farmer nous embarque-t-elle avec elle ? On en parle maintenant sur The Melting POP.
Mylène Farmer : "Egrégore", la review
Entourée de DJ Lewis, DJ Snake ou encore Moby à la production de son 13ᵉ opus, Mylène Farmer laissait entrevoir un projet POP parsemé d’électro. À l’écoute de la globalité de l’album, qui compte 13 morceaux, on retrouve effectivement ces sonorités, mais la participation des trois producteurs se révèle perceptible au point de nuire à la cohérence de l’ensemble. Certes, Mylène Farmer et son mysticisme vocal sont là pour servir de liant, mais lorsqu’on se plonge dans le projet, on se perd au gré d’un concept un peu flou, qui semble ne pas avoir été assumé à 100 %. Premièrement, et commençons par ce qui est vraiment réussi dans le projet, l’artiste séduit davantage lorsqu’elle reste fidèle à elle-même. Certes, on ne connaît pas l’ensemble de sa discographie, mais le point fort de Mylène Farmer a toujours résidé dans ces ambiances planantes, portées par des textes complexes et teintés de double sens. Dans ce registre, l’artiste nous embarque pleinement (“Égrégore”, “Dieu est mort”, “Entendre ma voix”) et à travers ce qu’elle chante, on pourrait même percevoir une artiste qui réfléchit déjà à ses adieux à la scène. Puissante, surtout après 40 ans de carrière sans temps mort, cette idée constitue sans doute l’une des propositions les plus réussies du projet et le point d’orgue de cette démarche est sans nul doute l’excellent "Recréer un jour", produit par Moby.
Malheureusement, si ce nouvel album contient en son cœur l’âme de Mylène Farmer, dès lors qu’elle s’essaye à des sonorités plus modernes, le résultat se révèle soit décevant, soit un peu cringe. Par exemple, on peut notamment regretter des textes parfois inégaux (“Combien pour la nuit”, “À qui le tour”), mais aussi un certain manque de musicalité dans la production (“Sans amarres”). Des défauts qui auraient pu être moins gênants si la tracklist avait été mieux pensée, mais qui se retrouvent ici accentués par un enchaînement déroutant. Sur l’album “Egrégore”, Mylène Farmer passe d’un extrême à l’autre sans réelle linéarité, ce qui nuit à l’écoute globale du projet qui peine à totalement nous embarquer. Loin d’être complètement mauvais lorsqu’il s’essaye à quelque chose de plus POP, le projet se montre toutefois bien moins convaincant dans cette seconde catégorie, et ce, même si certains titres tirent leur épingle du jeu. Parmi eux, le décrié “Des lols et des quoi”, qui s’écoute comme un véritable plaisir coupable, ou encore le plus simple “On a toujours le choix”, qui fonctionne sans avoir besoin de trop en faire.




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