Gwen Stefani : le virage conservateur et polémique d’une ex-star de la POP
Doit-on séparer l’homme de l’artiste ? Cette question, tout le monde se l'est déjà posée et dans une société qui tente d’évoluer, elle prend souvent de plus en plus de place. Bien sûr, lorsqu’on songe à cette fameuse question, on pense premièrement à des faits gravissimes comme ceux qui ont pu être reprochés à P. Diddy pour ne citer qu’un seul exemple. Toutefois, les convictions politiques et religieuses peuvent aussi nourrir cette réflexion. Dans cette catégorie, difficile de ne pas avoir en tête le récent revirement trumpiste de Nicki Minaj ou encore les choix conservateurs et polémiques de Gwen Stefani…
Une icône intergénérationnelle
Icône légendaire de la POP, Gwen Stefani est une référence que l’on ne présente plus. Avec son groupe No Doubt ou en solo avec ses premiers albums, elle a fait bouger les codes de la POP au point de devenir une source d'inspiration pour des artistes tels que Lady Gaga ou encore Dua Lipa. Avant-gardiste, elle était considérée comme une rebelle, une femme indépendante qui a marqué de son empreinte la pop-culture des années 2000. Certes, ses œuvres ont parfois été pointées du doigt et jugées après coup de mauvais goût (elle serait pour certains l’une des reines de l'appropriation culturelle), mais elles portaient en elles une véritable vision artistique qui a su toucher un large public et traverser le temps. Pour preuve, bien que les deux derniers albums solos de Gwen Stefani aient été des échecs critiques et commerciaux, elle compte encore aujourd’hui plus de 22 millions d’auditeurs mensuels sur Spotify. À 56 ans et après plus de 30 années de carrière, elle est encore régulièrement invitée dans les plus grandes émissions américaines et la nouvelle génération s’empare également de son catalogue puisque plusieurs de ses anciens morceaux ont connu ces dernières années un succès viral sur TikTok et Instagram.
Des choix qui questionnent...
Dans une industrie où l’agisme est un fléau pour les femmes de plus de 40 ans, Gwen Stefani est donc une privilégiée. Évidemment, certains diront d’elle qu’elle n’est plus rien d’autre qu’un nostalgia act ou une gloire du passé. Cependant, ces critiques ne sont rien face au tournant qu’a pris son image médiatique depuis quelques mois. Ici, on ne fait pas référence à l’échec cinglant de son dernier album “Bouquet” qui lorgnait timidement du côté de la country. Non, le problème de Gwen Stefani n’est pas sa musique mais bien ce qu’elle partage sur ses réseaux sociaux et dans ses prises de parole. Premièrement, elle a l’an dernier été pointée du doigt après avoir suivi l'influenceuse Candace Owens. Connue en France pour ses missives envers Brigitte Macron, Owens s’est fait un nom aux États-Unis en multipliant les propos racistes, antisémites et transphobes. À partir de là, le public s'interrogeait déjà sur le choix douteux de Gwen Stefani de suivre une figure aussi clivante, mais l’artiste avait fini par unfollow l’influenceuse et l’histoire était presque passée sous silence.
...et qui divisent
Malgré la polémique, Gwen Stefani a continué de partager des messages religieux très conservateurs sur ses réseaux sociaux et, à la fin de l’année dernière, elle a même fait la promotion d’une application de prière catholique qui propose parmi ses options des conseils anti-avortements. Une nouvelle fois, la chanteuse est devenue la cible des critiques. En effet, suite à ce partenariat, les vidéos et les articles sur ses penchants conservateurs se sont multipliés et l'affaire aurait pu s'arrêter là. Néanmoins, plutôt que de faire oublier cette histoire, Gwen Stefani a récemment confirmé le tir en collaborant à nouveau avec “Hallow”, la fameuse application de prière. Pour marquer le début du carême, elle est apparue dans une vidéo promotionnelle avec une croix de cendre sur le front. Si le symbole en lui-même n’est pas problématique et que Gwen Stefani a le droit de partager sa foi et ses croyances, on regrette qu’elle poursuive une collaboration commerciale avec une marque qui prône des valeurs anti-avortement et qui aurait reçu, selon la presse US, des investissements de la part des équipes de Donald Trump. Comptant également parmi ses autres "soutiens" des figures MAGA ou encore Russell Brand accusé d’agression sexuelle, "Hallow" est bien plus qu’une simple application religieuse, elle est dans son fondement un véritable parti pris politique et social. En soutenant un tel concept, Gwen Stefani ne partage pas seulement sa foi, elle donne aussi de la force à un système très éloigné de l’image POP, queer et libre qu’elle a longtemps défendue…




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