jeudi 8 septembre 2016

#Lecture : POP CULTURE – Réflexions sur les industries du rêve et l’invention des identités – par Richard Mèmeteau

Hallejujah ! Neuf mois après son achat, j’ai enfin terminé la lecture du livre mentionné ci-dessus. Entre mes études de journalisme, mes diverses activités - plus ou moins utiles à mon apprentissage et à mon épanouissement - et mes autres rattrapages à l’Université, difficile de me plonger totalement dans une lecture qui demande attention et réflexion. Bercé et nourri à la pop-culture depuis mon plus jeune âge, j’étais depuis longtemps désireux de lire des ouvrages consacrés à ce sujet. Hélas, trop récente, trop hétérogène ou parfois même incomprise, l’histoire et l’analyse de la culture POP, n’ont pour l’heure pas tenté grand monde au pays de l’édition. Pourtant, il y a beaucoup à dire sur le sujet qui sera – à mon humble avis - d’ici quelques années, décryptés en long et en large par une multitude de sociologues avides de tirer des conclusions sur une poignée de phénomènes de mode, qui ont chacun à leur manière dessiner les contours d’une société toujours plus instrumentalisée par les médias de masse. En écrivant ces lignes, je ne peux d’ailleurs m’empêcher de penser que si Marx, Hegel et les autres étaient encore parmi nous, ils auraient certainement saisi l’occasion d’aiguiser encore un peu plus leurs théories respectives. Soit, cessons de tergiverser, entrons dans le vif du sujet et parlons de l’ouvrage en question.



Écrit par le professeur et philosophe Richard Mèmeteau « POP Culture : réflexion sur les industries du rêve et l’invention des identités », paru en 2014 aux éditions « Zones » est un ouvrage analytique et corrosif sur ladite « POP-Culture ». Aussi difficile à définir que l’obscure question du « Je » en philosophie, le thème principal de l’ouvrage se veut aussi vaste qu’évasif. Pourtant, au fil des chapitres, l’auteur qui maîtrise avec une habilitée sidérante chacun des angles abordés, tend à éveiller notre raisonnement en décryptant non sans humour, une poignée de thématiques POP, allant de Lady Gaga à Harry Potter en passant par la série Lost, Bowie et les Beatles. Si cette énonciation non exhaustive pourrait faire sourire les plus jeunes, elle pourrait également rebuter les intellectuels bien souvent sévères pour ne pas dire hermétiques aux notions contemporaines. Certes nombreux sont ceux à avoir délivré des études approfondies sur le cinéma, le rock ou encore la télévision, mais rares sont ceux qui ont étudié ces sujets sans leur conférer au préalable un spectre diabolique. Dans son livre Richard Mèmeteau, fan invétéré de POP au sens large**, réussi à traiter de manière objective un sujet subjectif. De plus, il s’attaque à des thèmes singuliers et ambitieux (RuPaul Drag Race, le mouvement camp, la POP music, …) sans jamais sombrer dans la caricature facile. Articulés avec rigueur, les sujets très hétérogènes se suivent et poussent le lecteur à étayer son esprit critique. Plus on lit, plus on en apprend et plus l’envie de débattre de ses thèmes, de leurs causes et de leurs conséquences avec son entourage devient une nécessité intellectuelle.  

Aussi intéressant qu’intelligent, « POP Culture … » reste néanmoins l’ouvrage d’un professeur-philosophe, ce qui signifie que les longues épopées rhétoriques ne sont que très rarement épargnées au lecteur. Si vous n’êtes pas préparé au genre ou si vous ne vous y êtes jamais fait, attendez-vous parfois à relire certains passages, une ou deux fois pour en tirer le sens exact. Garder également un dictionnaire de qualité à portée de main au cas où l’étendue de vos connaissances linguistiques viendrait à vous faire défaut (on n’est jamais trop prudent). Dernier conseil, garder un œil sur Wikipédia, car à moins d’être aussi geek que l’auteur, il y a peu de chance que vous compreniez toutes les références culturelles présentes dans l’ouvrage. Ceci dit, malgré ses réflexes de professeur - qu’on lui pardonne aisément - il est important de noter que l’auteur ne se positionne jamais en donneur de leçon. Toujours juste, souvent drôle, sans jamais être rébarbatif, il livre un bouquin de qualité, dont le lecteur en ressort culturellement grandi. La preuve qu'on peut parler de Dark Vador et de Buffy Contre les Vampires tout en éveillant les esprits ! 

**il est notamment cofondateur du blog Freakosophy une sorte de super-évolution de The Melting POP. Plus intello, plus sociologique, plus philosophique, pour ne pas dire plus pointu. 

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