Ariana Grande poursuit son évolution musicale avec “petal” (la review)
Deux ans après “Eternal Sunshine”, qui dévoilait une facette plus mature et plus introspective de sa personnalité artistique, Ariana Grande est de retour avec “petal”, son huitième album. Vendu comme un projet plus instinctif, l’album est décrit par la chanteuse de 33 ans comme un disque sur lequel elle ose enfin dire ce qu’elle pense et être celle qu’elle est réellement. Suite cohérente de son précédent opus, le nouvel album d’Ariana Grande confirme son ambition de se détacher de la POP explosive qui a fait son succès.
Une artiste qui peut enfin être elle-même
Tout comme Beyoncé et Taylor Swift, Ariana Grande a atteint dans sa carrière ce stade auquel elle n’a quasiment plus besoin de faire le moindre effort pour transformer un de ses nouveaux projets en un véritable évènement. De plus en plus discrète, rare et mystérieuse, la popstar qui a construit sa notoriété sur ses relations sentimentales et sa personnalité mutine a déjà conquis un solide socle de fidèles captivés par sa musique, sa voix et son personnage. En ce sens, malgré une promotion inexistante, le lead single de son nouvel album est l’un des gros succès de l’été. Paru en mai dernier, “Hate that I made you love me” a passé 16 jours en tête du classement global Spotify et, à l’aube de la sortie de l’album, le titre est encore dans le top 3 avec plus de 3,5 millions d’écoutes quotidiennes. Pourtant, le morceau n’a rien à voir avec les hymnes POP qui ont façonné son succès. Premièrement, dans la lignée de ce qu’elle avait déjà proposé sur “Eternal Sunshine”, l’artiste opte ici pour une production plus minimaliste et plus épurée. Ensuite, du côté du texte qui pourrait en apparence faire écho à une histoire d’amour, le double sens est saisissant puisqu’elle décide en musique et en douceur d’exprimer son regret d’avoir séduit un public qui ne l’appréciait pas pour ce qu’elle était réellement. Ici, l'artiste fait référence à ses précédents projets qui, bien qu'ils aient connu le succès, étaient largement contrôlés par son label afin de correspondre aux standards de l'industrie. Entre les lignes, elle évoque aussi son corps et son poids, sans cesse scrutés et jugés, comme si elle devait vivre pour le regard des autres plutôt que pour elle-même.
Ariana Grande : "petal" - la review
Lorsqu’elle a sorti l’album “Eternal Sunshine” en 2024, Ariana Grande a d’abord déstabilisé une partie de son public. Plus mature, moins instantané et parfois plus intime, l’album avait néanmoins fini par s’installer sur la durée. Fière d’avoir réussi à imposer un projet moins manichéen tout en restant suffisamment accessible pour plaire à son audience, la star continue lentement sa mutation avec “petal” un nouvel album qui sonne comme une suite logique de ce qu’elle avait semé précédemment. Riche de 12 pistes dont une interlude, “petal” n’est pas encore un virage monumental dans sa carrière car on retrouve ici et là des sonorités et des productions qui plairont aux fans de la première heure (“big feelings”, “like I do”). Cependant, il y a quelque chose de globalement plus éthéré dans ce qu’elle propose vocalement. Plus délicate, moins dans la performance, Ariana Grande se sert de cette voix qu’elle a souvent poussée à son paroxysme pour dessiner un univers plus planant. Beaucoup plus légère et moins dans la démonstration, elle réussit donc à nous guider sans forcer au cœur de ses textes où elle parle presque toujours d’amour. Toutefois, avec l’album “petal” et avec ce titre en particulier, Ariana Grande mûrit son rapport aux relations sentimentales et on ressent dans les paroles une réelle envie d’exposer ses émotions intérieures. Derrière la star monumentale qu’elle est aux yeux du grand public, la chanteuse semble cacher des souffrances, des questionnements et des doutes (“petal”, “stay”) qu’elle n’a pas encore totalement dévoilés. Au-delà de ça, et bien qu’il résonne dans sa globalité et parfois même plus encore (“bad thing”) comme un album d’Ariana Grande, “petal” regorge dans ses productions d’une multitude de détails sonores qui laissent entrevoir une évolution qui, on l'espère, sera un jour entièrement assumée (“freak”, “nowhere, nobody”). Ici, on a de temps en temps encore l’impression que l’artiste tente de faire l’équilibre entre les attentes mainstream et ses réelles envies artistiques, mais cela ne déséquilibre pas l’album qui reste très bon. Après avoir dévoilé de nouveaux pétales, on espère qu’Ariana Grande pourra un jour présenter la fleur qu’elle souhaite devenir.




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