Charli XCX : l’anti popstar qui cultive le goût du risque (nouvel album et carrière au cinéma)



Ce vendredi 24 juillet, Charli XCX publie “Music, Fashion, Film”, son septième album studio. Deux ans après le succès planétaire et inattendu de “Brat”, et quelques mois seulement après avoir signé la bande originale du film “Wuthering Heights”, la plus décadente des chanteuses POP opère un nouveau virage dans sa carrière musicale. Habituée depuis le début de sa carrière à prendre le contre-pied des attentes du public, l’artiste compte bien confirmer son statut d’anti POPSTAR… Portrait !

Charli XCX - Music, Fashion, Film

Charli XCX : la popstar imprévisible 

Musicalement, Charli XCX est une artiste qui ne tient pas en place. Pour les amateurs de POP, sa discographie est autant une bénédiction qu’un tourment. En effet, la chanteuse britannique de 33 ans regorge d'inventivité et de ferveur à partager sa passion. Ainsi, tous les fans de POP peuvent trouver dans son parcours un album ou un projet qui colle à leurs propres attentes. Cependant, tout est parfois tellement imprévisible avec elle qu’il peut être difficile de la suivre sur la durée. Loin du cheminement classique de l’évolution artistique qui pourrait expliquer ses mutations, l’artiste se plaît à dérouter ses fans mais aussi l’industrie. En ce sens, après l’immense carton de l’album “Brat” qui lui a ouvert les portes du succès public et critique tout en étant sauvage et hors des formats, on aurait pu penser qu’elle poursuivrait sur cette lancée afin de capitaliser sa réussite et d'asseoir son impact. Alors que toute l’industrie lui mangeait dans la main, Charli XCX aurait pu décider (à raison) de ne prendre aucun risque mais pour elle, la musique n’a jamais rimé avec stabilité. De ses débuts intimistes sur Myspace à ses premiers albums en label qui n’ont éveillé que la curiosité du public hyperpop, en passant par son ascension lente jalonnée de hauts (“Boom Clap”, “Fancy”,) et de bas (“Number 1 Angel”, "XCX World”), l’interprète de “Break the Rules” s’est construit un parcours sinueux sur lequel elle a parfois tenté de correspondre aux attentes de ses équipes (“Charli”, “Crash”) mais où elle ne s’est jamais cachée de dire tout haut ce qui se passe dans les coulisses de la carrière d’une popstar. Là où certains se taisent pour construire un succès et une carrière en faisant croire à des inspirations qui n’existent pas, Charli XCX revendique avoir cédé ici et là aux sirènes mainstream pour s’imposer sur la scène POP. Dans ce registre et même lorsqu’elle était contrainte de se formater, elle a toujours réussi à donner vie à des productions efficaces (“1991”, “Good Ones”, …) et ce même si celles-ci n’ont pas eu l’impact escompté. Pour toutes ces raisons, il n’y a donc rien d’étonnant à la voir embrayer (après “Brat”) sur une multitude de projets qui ressemblent à tout sauf à ce qu’elle aurait dû faire.

De nouveaux projets déstabilisants 

Reine dans l’art de prendre des risques, Charli XCX est pour la presse alternative : l’anti popstar par excellence. Avec l’ère “Brat”, qui symbolisait la rébellion, la chanteuse s'engouffre corps et âme dans cet archétype de la fille qui ne respecte pas les règles et, la promotion de son album à succès à peine terminée, elle disait déjà qu’elle se sentait prête à renouer avec l’échec. En interview, Charli XCX clamait même que son prochain disque serait tellement différent du précédent qu’elle s’attendait déjà à l’étiquette du flop. Lorsqu’elle a sorti l’intimiste “Wuthering Heights” en février dernier pour la bande originale du film du même nom, on pensait qu’elle faisait référence à ce projet en particulier, mais quelques mois plus tard, force est de constater que le véritable successeur de “Brat” est certainement ce à quoi elle faisait référence il y a de cela plusieurs mois. Plus sombre, plus rock, plus saturé et par ricochet encore moins conventionnel que “Brat”, l’album “Music, Fashion, Film” est pour Charli XCX le prolongement d’une carrière pleine de rebondissements. Avec cette nouvelle direction artistique et musicale, l’artiste sait qu'elle prend un chemin périlleux qui risque bien de déstabiliser le public nouvellement acquis, mais ce mouv’ correspond à 100 % à sa personnalité imprévisible. De plus, l’album et ses visuels minimalistes sont en adéquation avec ses autres passions pour le rock, la mode et le cinéma. Dans ce dernier domaine, Charlotte Emma Aitchison multiplie d’ailleurs les incursions. Outre un mockumentaire sur sa propre carrière, elle sera en 2026 à l’affiche de trois long-métrages ayant pour thèmes le sexe, l'art, et le body horror. Une énième preuve qu’il y a toujours du sens dans ses nombreux virages artistiques.

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