Rebecca Black : libre et puissante sur “Age of the Exhibitionist” - (la review)


Majoritairement sur la scène POP, les artistes débutent au sommet avant de voir leur créativité s’éroder à mesure que le succès s’efface. Parfait contre-exemple, Rebecca Black suit le chemin inverse. Adolescente moquée lorsqu’elle s’est lancée dans la musique en 2011 avec le très irritant “Friday”, considéré à l’époque comme l’une des pires chansons POP de tous les temps, elle est aujourd’hui une popstar audacieuse qui n’en finit plus de surprendre et de s’affirmer.

Rebecca Black - Age of the Exhibitionist

Après la revanche : l'affirmation 

On l’écrivait déjà ici même en 2022 à l’aube de la sortie de son album “Let It Burn” : Rebecca Black a enfin pris sa revanche sur ceux qui l’ont méprisée dans son adolescence. Pour preuve, 15 ans après la sortie du single “Friday” qui lui avait valu de nombreuses critiques, l’artiste n’en finit plus de s’épanouir artistiquement. À des années-lumière de l’adolescente malléable et peu avertie qu’elle était en 2011, elle propose depuis quelques années un univers musical affirmé qui n’en finit plus de s’enrichir. De fait, après l’excellent “Let Her Burn” qui posait les bases de sa revanche musicale, Rebecca a publié en 2025 “SALVATION”, un EP encore plus ambitieux sur lequel elle venait démontrer aux fans de POP qu’elle était devenue une femme et une artiste sur qui il fallait désormais compter. Un peu plus d’un an après cet EP, l’artiste enfonce le clou avec un second opus. Intitulé “Age of the Exhibitionist”, le projet est sorti ce 4 septembre 2026 et il ne persiste aucun doute, Rebecca Black est l’une des popstars les plus ambitieuses de la scène musicale actuelle.


Rebecca Black - “Age of the Exhibitionist” - la review

S’affirmer et assumer pleinement aux yeux du public la femme et l’artiste qu’elle est réellement, c’est le concept que Rebecca Black a souhaité développer sur son second album. Plus queer, plus libre, la chanteuse de 29 ans aborde principalement dans ses textes ses désirs, son identité et sa quête d’indépendance. Tous coécrits par ses soins, les textes sont ambigus, féminins, féroces, sensuels avec juste ce qu’il faut de POP pour devenir accessibles et entêtants. À ce niveau, Rebecca Black confirme donc les thèmes qu’elle avait préalablement explorés. Toutefois, la vraie force de son nouvel album ne réside pas dans ce qu’elle raconte mais bien dans l’énergie et dans l’intention musicale du projet. Entièrement produit par Nicholas Weiss, qui avait déjà travaillé avec elle sur quelques pistes de son précédent projet, “Age of the Exhibitionist” est musicalement brut, maximaliste et impactant. Ayant souhaité capturer la chaleur des clubs, Weiss, plus connu sous le pseudonyme Nightfeelings, offre à la chanteuse des productions inspirées qui lorgnent du côté de l’électro, de la house et de l'hyperpop. Sur ces pistes vrombissantes, Rebecca Black se mue en femme fatale, on ressent dans ses interprétations sa dévotion pour la POP et c’est ce cocktail qui nous transporte instantanément dans un autre univers. Humide, aguicheur, le club "Rebecca Black" est un lieu de plaisir où l’on ne se refuse rien. En ce sens, les productions sont généreuses et plutôt que de s’enfermer dans la trop traditionnelle formule, couplet, refrain, couplet, refrain, le tandem Black/Weiss s’amuse avec des bridges et des outros inspirés qui renforcent encore davantage la puissance du projet. Contagieux, “Age of the Exhibitionist” n’a rien à envier aux albums des popstars de première ligne. À l’heure où Slayyyter cartonne avec sa POP trash et glamour, on se dit qu’il existe un public plus vaste pour Rebecca Black qui n’a pas encore touché les sommets qu’elle mérite d’atteindre.

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