Angèle : une évolution (à demi) sur l’album “Instinct” – (la review)
Lorsqu’elle a sorti son second album “Nonante-Cinq” en 2021, Angèle avait déçu une partie de la critique et notamment Libération qui avait été très dur envers son projet. Toutefois, la Belge avait confirmé son succès grâce à une recette POP et légère qui lui a même valu de collaborer par la suite avec le phénomène Dua Lipa. 5 ans plus tard, Angèle revient avec un nouvel opus qu’elle présente comme étant plus frontal et délesté des obligations qui pesaient jusqu’alors sur elle… Véritable renouveau ? On en parle sur The Melting POP.
Une artiste qui a imposé son style
Avec ses deux premiers albums “Brol” et “Nonante-Cinq”, Angèle a imposé son style, POP, insolent et lumineux. Devenue un véritable phénomène, la jeune Belge a même bousculé les codes de la POP francophone en imposant une signature singulière entre phrasé nonchalant, ironie et désinvolture. Sur ses pas, d’autres talents se sont alors faufilés pour tenter de trouver leur place et parmi ceux-ci, on peut citer des profils tels que Poupie, Helena ou encore Marguerite. Adulés par la presse et le public, ces artistes sont aussi souvent critiquées pour la simplicité de leurs œuvres, mais aussi pour leur voix jugée monotone et sans relief. En annonçant un album différent des précédents et parce que les premiers singles du projet laissaient présager un véritable renouveau dans sa discographie, on aurait pu penser qu’Angèle allait s’éloigner de ce terrain, mais en réalité, l’artiste de 30 ans n’amorce pas de gros virage sur l’album “Instinct”.
Angèle - "Instinct" : la review
Riche de 13 titres et défendu en amont par les singles “What You Want”, “Dis-le”, “Une seule vie” et “Love Triangle”, le nouvel album d’Angèle semblait annoncer un changement de cap. Portés par des productions plus ambitieuses et des accents hyperpop, ces extraits laissaient entrevoir une artiste prête à bousculer sa propre formule. Pourtant, une fois replacés dans la globalité du disque, les singles font presque figure d'exceptions. En effet, malgré les intentions affichées, Angèle ne s'éloigne que timidement des contours qui lui sont familiers. Par exemple, à l’écoute de “Je sais”, “Au revoir”, ou encore “On verra”, l’artiste se contente de faire ce qu’elle a déjà fait par le passé et parce qu’ils sont parsemés sur l’album au milieu d’autres titres plus affirmés (“Trop”, “F4ck 4ver”), ces morceaux font perdre à l’opus son impact et sa cohésion. Comme si elle n’avait pas totalement assumé sa propre proposition, Angèle se perd dans un entre-deux un peu inégal. En ce sens, bien qu’il ait de nombreuses qualités et un certain caractère au niveau des productions, “Instinct” perd son élan dès que l’artiste se met à renouer avec sa zone de confort. Alors qu’il aurait pu être vraiment audacieux et faire d’Angèle une sorte de Charli XCX à la française, ce nouveau disque nous laisse sur notre faim et on regrette aussi que l’artiste n’ait pas à 100 % assumé ses ambitions internationales qui se perçoivent sur “NYC Blues” ou encore “Love Triangle”.




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